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Syndicat général de l'éducation nationale et de la Recherche publique

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Provence Alpes

(Académie d'Aix-Marseille)

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    16 juin 2010

     


    Pour le Sgen-CFDT, le projet de loi de Monsieur Ciotti a des absences.

    Après avoir rencontré le député sur ce projet de texte, le Sgen-CFDT maintient son profond désaccord.

    Le projet de loi présenté par Monsieur Ciotti qui sera discuté le 9 juin 2010 en commission des Affaires culturelles et sociales de l’Assemblée avant d’être débattu par le Parlement le 16 juin, présente comme mesure phare la suspension voire la suppression des allocations familiales aux familles des élèves absents. Ce texte stigmatise les familles les plus fragiles s’attaquant même aux minima sociaux. Partant d’une vision manichéenne de la famille idéale et sans problème, il sépare les bons et les mauvais parents transformant ces derniers en coupables. Ce faisant, il oublie les difficultés intrafamiliales : famille monoparentale, famille éclatée, relation parent/enfant délicate.

    Il fait l’impasse sur l’inégalité des familles dans leur rapport à l’école (problème de la langue, méconnaissance du carnet de correspondance, difficulté à produire des justificatifs d’absence écrits).

    Il part du principe que la responsabilité de l’absentéisme de l’élève est du seul fait des parents.

    Il exempte l’institution scolaire de toute responsabilité dans l’absentéisme de l’élève quand chacun sait que l’accueil impersonnel voire hostile à son retour, les exclusions temporaires trop longues, les exclusions définitives sans établissement d’accueil, l’absence d’accompagnement personnalisé en collège pour vaincre les difficultés scolaires, le consumérisme scolaire encouragé notamment par l’assouplissement de la carte scolaire qui renforce les ghettos, un système éducatif laissant trop de place à la sélection et à la compétition sont autant de causes de décrochage et d’absentéisme fortes.

    Ce projet de loi repose sur une approche idéologique, mécaniste, irréaliste et au total irresponsable, des absences et de la sanction qui s’y rapporte. Le déclenchement automatique de la procédure après 4 demi-journées d’absence qui peuvent se résumer parfois à 4 heures est totalement irréalisable. La proposition de suivi de l’ensemble des dossiers d’un département par le seul inspecteur d’Académie est inapplicable. Les propositions qu’il contient ne s’inscrivent pas dans la suite du texte de juillet 2000 qui prévoyait la progressivité, la proportionnalité et l’individualisation des sanctions. Ce traitement externe de l’absentéisme, totalement déshumanisé, traduit une profonde méconnaissance du terrain. Les personnels de l’Éducation sont pour la plupart totalement ignorés. Ainsi, rien n’est dit des CPE ou des assistant-e-s de service social et de leur travail de prévention et de médiation auprès des jeunes. Pire encore, les CPE en particulier, devront abandonner ce travail de contact avec l’élève pour remplir des documents nécessaires à l’application de cette loi, si elle est adoptée !

    Parce qu’il est inapplicable, parce qu’il porte en lui la défiance envers les élèves, les familles et les personnels de l’Éducation, le Sgen-CFDT demande à Eric Ciotti et à la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale de retirer ce projet de loi.